Démarche de candidature Geopark Beaujolais
Très Beaujolais

Les landes et pelouses sèches

  • Landes du Beaujolais

Les landes et les pelouses sèches sont présentes dans la partie centrale du territoire. L'éclairement solaire est intense, le substrat pauvre, et l'eau rare, ce qui limite l'implantation d'espèces forestières. Occupés par une faune et une flore spécifiques, ces espaces étaient autrefois pâturés par des troupeaux de chèvres ou de moutons, ce qui contribuait à leur équilibre. Ils ont aujourd'hui tendance à disparaître. C'est pourquoi les acteurs du territoire se mobilisent pour préserver ces milieux, tout en encourageant l'installation ou le développement d'exploitations agricoles adaptées.

Les landes sont dominées par différents types de Genêts (à balais, pileux, et sagitté) et elles accueillent un grand nombre d'espèces ornithologiques dont le Hibou grand-duc. Les coteaux calcaires abritent plusieurs espèces d'orchidées, ainsi que le Moiré des fétuques (papillon peu fréquent), la Huppe fasciée et la Pie grièche écorcheur.

Le Val de Saône

  • Les lônes du Val de Saône

Le Val de Saône constitue l'un des secteurs les plus emblématiques et les plus fragiles du territoire en raison de la multiplicité de ses usages. Si les paysages du Val de Saône ont conservé le caractère originel de la forêt alluviale (Aulne, Frêne, Saule, Chêne) qui se développe naturellement en bordure de cours d'eau, la faible profondeur et la qualité des eaux (présence de mollusques et d'herbiers aquatiques) confèrent à cet espace un rôle important d'abri pour la flore et la faune, en particulier pour la faune piscicole (Brême, Chevaine, Ablette, Bouvière) qui s'y reproduit.

Lors des crues, la Saône va s'étendre sur une surface que l'on appelle prairies inondables : ce phénomène permet la création de nouveaux milieux, propices au développement d'un écosystème spécifique. La fleur emblématique en est la Fritillaire pintade qui fleurit en mars-avril dans les prairies inondables. La faune est dominée par les oiseaux, on peut mentionner le Courlis cendré dont le chant annonce le printemps, ainsi que l'Œdicnème criard. Les lônes, qui désignent les bras secondaires de la Saône, partiellement ou totalement déconnectés du chenal principal, sont de véritables viviers de biodiversité.

Les milieux forestiers et montagnards

  • Massif du St-Rigaud, point culminant du Rhône

Les espaces boisés recouvrent 33,5 % de la surface totale du territoire, avec une prédominance des essences de résineux. La forêt du Beaujolais est essentiellement privée et présente de nombreuses parcelles morcelées. La production de bois, la gestion écologique, le maintien des paysages et l'accueil de visiteurs représentent les multiples vocations de la forêt qu'il convient de concilier afin de préserver les équilibres forestiers. Particulièrement cultivé et colonisateur sur les parcelles en friche, le Douglas est l'essence la plus représentée dans les forêts d'exploitation du Beaujolais. Pouvant atteindre 50 mètres de hauteur et caractérisé par sa croissance rapide, il est idéal pour l'exploitation du bois.

Sous ce chapeau forestier grouille une vie des plus complexes. Les îlots de vieux arbres constituent les espaces les plus précieux : oiseaux et chauves-souris profitent des moindres cavités, alors qu'au sol le bois mort favorise le développement des champignons et des insectes. Composées de parcelles de petite taille, les forêts du Beaujolais forment une mosaïque d'arbres de tous âges et d'essences variées. En plus du Sapin pectiné et du Douglas, on y trouve l'Epicéa, le Mélèze, le Pin noir, le Pin sylvestre, le Cèdre... Plus à l'est, en descendant des monts, les forêts changent et se composent essentiellement de Châtaigniers, de Chênes et de Charmes. Les sols acides de ce milieu sont appréciés par de nombreuses espèces floristiques comme la Fougère aigle, l'Aconit tue loup ou encore l'Orchis sureau. L'augmentation des surfaces forestières depuis le XXème siècle permet à certains mammifères de retrouver leur place. Aujourd'hui, environ 8000 Chevreuils et 800 Sangliers sont dénombrés en Beaujolais.

Les milieux ouverts et le vignoble

  • Les sommets des monts sont boisés, les coteaux sont recouverts de vignes
  • Le vignoble Beaujolais

Les vallons et les plaines du Beaujolais sont propices à l'activité agricole. Dans les monts, c'est l'élevage de bovins et de caprins qui domine, tourné vers la production de viande, de lait et de fromage. Plus à l'est, la culture de la vigne devient omniprésente. Sur les plaines et coteaux orientaux, le vignoble prospère entre les nombreux affluents de la Saône. Erigé par les moines et les abbés au Xème siècle, il est le fruit d'un riche héritage ancestral, où pratiques et savoir-faire spécifiques se transmettent de génération en génération.

Ainsi, la plupart des crus sont produits sur différents types de sols. Les crus Moulin-à-Vent, Fleurie, Chénas et Juliénas, sont produits sur les sols des différentes sortes de granite carbonifère (330 - 290 Ma). Les crus Côte-de-Brouilly et Morgon, sont davantage associés à des faciès géologiques plus restreints et plus rares : les cornéennes schisteuses amphibolitiques et microdioritiques du Dévonien (430 - 360 Ma). Quelques crus (Régnié, Brouilly, Saint-Amour) profitent aussi d'alluvions fluvio-glaciaires argilo-gréseuses du Pléistocène (< 3 Ma). Les Beaujolais-Villages s'accommodent essentiellement des terrains siliceux polygéniques de types volcaniques et métamorphiques primaires (500 - 325 Ma). Les Beaujolais génériques, rouges ou blancs, sont produits à partir des terrains argilo-calcaires secondaires (250 - 160 Ma) du Beaujolais méridional ou des alluvions quaternaires anciennes (< 5 Ma) du bord de la plaine de Saône.

Les rivières et les milieux humides

  • La tourbière du Couty

Les milieux humides et aquatiques se retrouvent sur l'ensemble du territoire sous la forme de cours d'eau et points d'eau permanents, prairies humides, ripisylves, tourbières, gravières, etc. Méconnues voire mal aimées, les zones humides ont longtemps suscité légendes et histoires. Aujourd'hui, au regard des enjeux qu'elles représentent, elles sont peu à peu reconnues et préservées. En effet, elles participent à la gestion de la ressource en eau (en quantité et en qualité) et sont utiles à de nombreuses espèces, tant pour leur reproduction, que pour leur alimentation.

Autrefois omniprésentes aux abords des sources, en bordure des ruisseaux, dans les fonds de vallons et les plaines, les zones humides ont pour beaucoup disparu, ayant été drainées ou remblayées. Bien qu'en régression, elles demeurent l'un des éléments structurants du paysage. Lors de l'inventaire réalisé en 2012, ce ne sont pas moins de 1300 zones humides qui y ont été identifiées sur l'ensemble du Beaujolais ! Selon une autre étude réalisée en 2014, une sur cinq subit des pressions importantes, d'où la nécessité d'agir pour leur sauvegarde.

Les mines et carrières

  • Les carrières de Glay

L'extraction des richesses du sous-sol Beaujolais est très ancienne : les Romains déjà y exploitaient le plomb. Au fil des siècles, les mines et carrières se multiplient sur l'ensemble du territoire, à tel point que chaque village, voire même chaque hameau, possède encore aujourd'hui les marques d'un lieu autrefois dédié à l'extraction.

De nos jours, l'activité minière est totalement arrêtée dans le Beaujolais, tout comme la majorité des carrières. Leur intérêt n'est donc plus économique, mais environnemental. De nombreuses espèces faunistiques nichent (temporairement ou annuellement) dans les galeries. Le Hibou grand-duc, le Sonneur à ventre jaune ou encore la Chauve-souris pour ne citer que quelques espèces. Ces mammifères volants trouvent refuge dans les galeries, dont ils apprécient le calme, l'humidité et la température constante. Leur corps va alors descendre autour de 8°C jusqu'aux premières lueurs printanières. Principaux sites d'hibernation, les anciennes mines de Claveisolles abritent les plus belles populations de tout le département ! Les carrières de Glay, quant à elles, constituent un véritable site de rencontre et donc de reproduction pour au moins 4 espèces dont l'Oreillard roux et le Murin de Daubenton.

Geopark Beaujolais

Connu dans le monde entier pour ses vins et son vignoble, le Beaujolais est aussi un territoire façonné par l’homme qui a bénéficié de la diversité des sols. Son histoire se conjugue au présent dans sa pierre (dorée, rouge, blanche, grise ou noire) remarquablement mise en valeur dans l’architecture des villages. Cette géologie exceptionnelle se traduit dans la diversité des paysages et des patrimoines mais aussi au travers des activités de l’homme, de la culture et des traditions qui font l’identité du Pays Beaujolais.

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